La série
Depuis 15 ans, six jeunes
femmes ont disparu. Aucun
corps retrouvé ; juste des
vêtements lavés, repassés et
déposés sur des bancs publics
et dans lesquels est cachée une
statuette de la vierge Marie…
L’histoire d’un homme : Christian
Janvier, hanté par six oubliées.
Un homme malade, victime de
troubles de la mémoire, qui
ne sait plus où chercher pour
trouver la vérité.
épisode 1 :
Christian Janvier est sur l’affaire des Oubliées depuis
15 ans. Proche des familles des six disparues, il refuse
d’abandonner les recherches. Aidé dans son enquête
par Olivier Ducourt, un jeune gendarme, il découvre la
disparition d’une septième jeune femme, Sylvie Trebourg.
épisode 2 :
Le corps d’une septième victime a été retrouvée dans
le jardin de Roland Guerrand. Mais s’il a bien tué Sylvie
Trébourg, Roland Guerrand n’est pas celui que Janvier
cherche depuis plus de quinze ans.
épisode 3 :
Les troubles de la mémoire s’accentuent chez Christian
Janvier. A mesure qu’il avance dans son enquête,
il découvre que si Roland Guerrand est indiscutablement
coupable du dernier crime, il connaît néanmoins la
véritable identité de l’assassin. Mais Guerrand refuse de
parler.
épisode 4 :
Guerrand est tué par le père de Sylvie. Déstabilisé par
la disparition de tueur, Janvier ne sait plus où chercher,
pour trouver la vérité. Accompagné par Ducourt, un jeune
gendarme, il remonte dans le passé de Guerrand et
découvre l’existence d’une toute première victime. Une
nouvelle piste pour démasquer l’assassin.
épisode 5 :
Janvier et Ducourt explorent le passé d’Emilie Fontrave,
la toute première victime du tueur. A la recherche d’un
indice ou d’une trace ADN, ils demandent l’exhumation
du corps de la jeune femme.
épisode 6 :
Clara a disparu : une nouvelle victime de celui que Christian
Janvier cherche depuis plus de quinze ans. Janvier
et Ducourt doivent faire vite s’ils veulent sauver la jeune
fille. Mais à mesure que l’enquête avance, les malaises
de Janvier s’amplifient : d’ailleurs, que faisait-il hier, lorsque
Clara a disparu ?
Hervé Hadmar réalisateur et scénariste
Un homme hanté
Les Oubliées sont nées d’une constatation : dans
beaucoup d’affaires criminelles, on retrouve
souvent un homme seul, qui enquête depuis
plusieurs années sur une affaire et qui s’est
mis en danger dans sa vie personnelle et
professionnelle — Il y a quelques cas célèbres
en France — un homme hanté, possédé par son
enquête. C’est ce que j’avais envie de raconter.
La figure du flic bourru, mal rasé, solitaire, qui
rentre chez lui pour avaler une pizza froide et boire
une bière, on la connaît par coeur. Je préférais
mettre en scène un gendarme, un militaire, qui
a reçu une formation pour maîtriser la situation
mais qui finalement se perd… Mais, il n’était
pas question pour autant de faire une série « pinpon
», avec des types en uniforme, un gyrophare
sur la voiture et un vocabulaire à l’avenant… Notre
gendarmerie est bien différente de la réalité,
même si elle est filmée de manière réaliste.
Les codes du thriller
J’avais écrit une vingtaine de pages pour
le projet de départ. Quand il a fallu en faire
6 x 52 minutes, j’ai appelé Marc Herpoux, qui est
un ami et un excellent scénariste. Nous avons défini
ensemble la structure de l’histoire. Ensuite on s’est
mis à écrire, à raison d’un épisode chacun que l’on
s’échangeait. En fait, il n’y avait pas de règles ! Le
moment le plus délicat est celui de la création du
personnage. Comment va-t-il s’imbriquer dans
l’intrigue, est ce que cela va fonctionner ?
Le thriller correspond à des codes, mais il faut
détourner et déjouer ces règles, sans trop s’en
éloigner non plus. Ainsi, très souvent dans les films
du genre, le coupable fait partie des personnages
qui ont été développés au cours de l’intrigue. Avec
Marc, nous avons voulu détourner cette règle
implicite, en introduisant un coupable que l’on
n’a jamais vu. De plus, Christian Janvier cherche
l’assassin depuis 15 ans sans succès, parce
qu’il est toujours dans notre réalité. Il faut que
Janvier accepte de se perdre dans sa maladie,
accepte de perdre la mémoire, de plonger dans
une autre réalité parallèle, plus onirique, accepte
de rentrer dans la fable, avec le livre que lui offre
sa fille… C’est à ce prix qu’il trouve la solution car
le coupable aussi vit dans une réalité parallèle.
Abandonner ses illusions…
et son uniforme
Janvier est malade, sa mémoire est gravement
altérée et il est en train de devenir comme son père,
atteint d’Alzheimer. Perdre la mémoire est ce qui
peut arriver de pire à un enquêteur. Janvier est aussi
un obsessionnel qui ne supporte pas l’injustice. Un
type idéaliste et méticuleux qui a cru en un monde
parfait. On peut imaginer qu’au début de sa carrière,
Janvier prenait un soin maniaque de son uniforme.
Aujourd’hui, c’est un homme qui a abandonné
ses illusions en même temps que son uniforme !
Au début de l’histoire, Janvier est ailleurs et
se prépare à sortir de notre réalité. Il y avait là
un danger que le personnage soit trop froid,
trop éloigné du spectateur. J’ai choisi Jacques
Gamblin parce que l’une de ses énormes
qualités réside en son capital de sympathie.
Ce type rayonne de tendresse et de chaleur
humaine, on a tout de suite envie de le protéger.
Habiter le costume
Quand j’ai vu Fabien Aïssa Busetta qui joue l’adjoint
de Janvier, j’ai su que c’était lui ! Son visage me fait
penser à Harold Lloyd, un génie du cinéma muet.
J’ai vu tout de suite que, même s’il n’a rien à dire, son
visage à lui seul remplace une page de texte. C’est
un super atout pour interpréter Olivier Ducourt,
qui pense, réfléchit et enquête seul dans son coin.
J’ai beaucoup discuté avec les comédiens.
Cependant, pour habiter les personnages, nous
avons beaucoup travaillé avec les costumes,
sur leur façon de s’habiller. Ce n’est pas anodin.
Même habillé en civil, Ducourt reste un gendarme,
très structuré, trés raide. Alors que Janvier qui
est dans le flou total, flotte dans ses vêtements…
Des décors et quelques notes de piano
Je suis graphiste de formation et, pour moi, le choix
des décors est très important. J’ai passé trois mois
dans la région de Boulogne sur mer pour trouver
mes 280 décors ! J’ai choisi cette région à cause
de la ligne d’horizon et de la lumière. J’avais envie
du regard perdu de Janvier sur les étendues de sable,
le long de ces grandes plages du nord… De même,
la brique rouge, les bâtiments très graphiques,
typiques de cette contrée, correspondaient
absolument à ce que je voulais à l’image.
Un piano pour Janvier
Je n’ai pas choisi Eric Demarsan par hasard :
je suis un fou de musiques de films. Il y a dans
cette série un travail sur l’abstraction et je voulais
une bande-son qui traduise cela. J’aime la façon
dont Eric masque ses mélodies. Il travaille sur un
certain type d’accords, ce qu’il fait est atonal et
un peu abstrait… Pour accompagner Janvier le
solitaire, Demarsant a choisi le piano. C’est aussi
un homme qui se perd, alors les notes de piano
sont parfois déstructurées, descendantes, comme
s’il tombait en spirale… Bien sûr nous aurions pu
prendre d’autres options, comme une musique
jazzy par exemple qui aurait réchauffé la série.
Mais j’ai décidé de ne pas réchauffer ! Et pour cela,
je remercie vraiment la chaîne et les producteurs,
parce qu’ils m’ont laissé libre de mes choix et
j’ai pu aller au bout de ce que je voulais faire !
Envie d’en être
Un tournage au long cours, c’est comme organiser
une soirée ! C’est pas facile de réussir une
soirée : ça prend ou ça ne prend pas ! Un tournage
qui dure 80 jours, c’est pareil. Il y a 150 personnes
et il faut que ça prenne… C’est aussi le boulot
du metteur en scène d’installer l’ambiance, de
faire confiance, de parler, beaucoup, avec tout le
monde, d’instaurer également une rigueur. Tout
le monde a fait son travail au mieux. Si vous avez
quelques scènes fichues parce que les seconds
rôles n’ont pas fait leur boulot, c’est toute la série
qui en pâtit ! Si je n’avais pas été intimement
persuadé de mon affaire, je ne crois pas que l’on
m’aurait suivi avec une telle confiance ! A la lecture
du scénario toute l’équipe a décidé qu’elle avait
envie d’en être ! Nous avons tous pris énormément
de plaisir à faire ce film et je crois que cela se sent.
LE SAMEDI SUR FR3
- Episode 1&2, le 19 janvier à 20h50
- Episode 3&4, le 26 janvier à 20h50
- Episode 5 et 6, le 2 février à 20h50